SPIRIT of JULIEN en route pour les ACORES (Maurice Zaoui-Michèle Boucau )
L’excitation et le plaisir de la découverte, c’est ce que devaient ressentir les marins de naguère qui traversèrent les océans dans des conditions de sécurité et de confort très précaires. Ce sentiment perdure chez les marins d’aujourd’hui où la découverte de soi-même a remplacé celle des continents.
Notre histoire a de commun, l’histoire de tous ces plaisanciers qui se prennent pour des Vasco de Gama, des Magellan ou des Christophe Colomb et plus récemment sont devenus des Eric Tabarly, des Ernest Heminguay, des Moitessier…et bien d’autres qui ont fait l’histoire du nautisme du 20ème siècle
Ainsi donc, 2 équipages embarquent un beau matin de
Juillet, vers la découverte des Açores
En tête de l’expédition : Le Sun Siaré, le catamaran bien connu des capbretonnais dont le capitaine Jean-Claude LHOSPITAL et son équipière de longue date Eliane sont les animateurs dévoués du club croisière de l’UNPC, suivi du Spirit of Julien avec à la barre son capitaine Maurice ZAOUI et sa séduisante équipière rompue aux manœuvres d’amarrage Michèle BOUCAU, ils sont plus connus sous le générique « mau&mi » tant leur complicité est grande.
Après une courte escale à la Corogne où nous avons quand même pris le temps de déguster les fameux jambons de la Jamoneria  et pris la météo, nous commençons notre aventure de « grand marin » Ce récit a pour but de vous faire découvrir les Açores. Un paradis encore presque vierge que peu de gens connaissent. On a beaucoup écrit  sur la beauté des Açores mais il vaut mieux les voir
Nous espérons pouvoir vous faire partager l’enchantement que nous avons ressenti en visitant ces îles. C’est notre première visite aux Açores, un choix fait par désir de navigation en haute mer vers un lieu mythique.
Ce périple devait nous conduire en premier lieu vers TERCEIRA mais les conditions météorologiques capricieuses comme il se doit en cet été 2007 nous entrainèrent vers Sao Miguel, rallongeant ainsi les miles de notre première étape. . Nous naviguons de concert  Sun Siaré et  Spirit of Julien, ce qui nous permet la nuit de diviser nos quarts par 4 : chacun veillant sur le trajet de l’autre la VHF en alerte
Les dernières 24h ne furent pas de tout repos, un vent au portant de 40/45 nœuds conjugué à une mer déchaînée nous propulsa vers Sao Miguel. Sun Siaré battit des records de vitesse avec des pointes à plus de 16 nœuds tandis que Spirit of julien avec ses pointes à 12 nœuds impressionnait son équipage. La mer déchaînée nous fait craindre le pire à chaque mile parcouru. Le vent responsable de cet état ne cesse de mugir en longues plaintes lancinantes. Les vagues se succèdent tantôt léchant tantôt heurtant la coque fragile qui balance d’un côté puis de l’autre ivre au milieu des degrés des caps indéfinis. L’aventure est totale avec sa dose d’adrénaline et ses nuits sans sommeil. Tous les sens sont en éveil : chaque bruit insolite nous ramène sur le pont. La nuit noire augmente l’intensité du moment.
De longs écheveaux d’écume traversent la nuit de leur blancheur fantasmagorique au son des rugissements aigus des rafales. Il ne manque pour couronner le tout que « la chevauchée fantastique » des valquiries de Wagner !!
Partis depuis 12 jours de Capbreton via La Corogne. São Miguel, enfin nous accueille au petit matin. Connue sous le nom de l'île verte dû à l'abondance du pâturage et de la forêt qui couvre ses crêtes, elle est la plus grande île des Açores(environ 65 x12 kilomètre 140.000 habitants).  La nature si belle, encourage les promenades. L'été l'île est couverte d’une impressionnante floraison principalement d’hortensias et d’agapanthes. Le paysage change constamment sous la lumière du ciel alternant soleil, nuages ou brume. Ponta Delgada est la capitale Açores. C'est une ville charmante  sitôt passé le front de mer et ses immeubles modernes, avec ses maisons anciennes si propres aux murs blancs et de rues étroites

Beaucoup de lacs de cratères profonds attirent les visiteurs par leur beauté et leurs couleurs exceptionnelles... quand la brume se déchire pour offrir au regard le bleu et le vert de leurs eaux.
 Sur Sao Miguel il y a une production d'ananas excellents, de thé, de tabac, de bananes et de poivre.
Nous visitons l'usine de thé « GORREANA » près de Ribeira Grande sur la partie orientale de la côte du nord. Ils produisent depuis 1883 un thé « traditionnel » sur de très vieilles machines.  Nous dinons à Furnas où les plats cuisent dans des calderas. Tous les ingrédients sont placés dans la même cocotte en terre (bœuf, porc, poulet, veau et toutes les variétés de légumes.) Ces énormes cocottes en terre sont  placées 6 heures durant dans ces « fours » naturels puis ramenées au restaurant.

La chaleur des boues suffit à cuire l’ensemble et donne un léger goût sulfureux au plat. Nous nous relaxons dans les eaux chaudes et sulfureuses d’une cascade au milieu d’une forêt tropicale…heureux et détendus les yeux pleins de ces kilomètres d’hortensias multicolores, l’aventure nous appelle: nous sommes prêt à repartir vers TERCEIRA.
Nous reprenons la mer vers une autre île paradisiaque où la beauté se répète avec cette extraordinaire amitié qui se dégage de la population, toujours sourire, toujours serviable malgré la barrière du langage.
Arrivés enfin sur l’île mythique de FAIAL avec sa capitale HORTA où dit-on Christophe Colomb fit escale à son retour des Amériques. HORTA c’est « PETER café sport » le bar où tout le monde se retrouve, confronte ses expériences, raconte ses exploits…en buvant le gin-soda et les pintes de bière. C’est le lien avec la civilisation terrestre et les rencontres qui marquent comme Eric et Carmen qui revenaient de Floride ou Sophie et Alain bourlingueurs des océans qui rentraient de St BART, ou Miguel marin solitaire à l’imagination débordante, qui regagnait l’Espagne après un périple au Venezuela…et les croisiéristes de la route des Hortensias qui venaient comme chaque année se confronter aux dépressions océaniques de Concarneau à Horta… Raconter la mer c’est entrer dans le monde merveilleux des contes et légendes, tous les marins ont vécu ces phénomènes inexplicables qu’ils racontent les yeux et la voix chargés d’émotion qui donnent à leurs récit toute la véracité de l'instant.

Nous reprenons la mer vers une autre île paradisiaque où la beauté se répète avec cette extraordinaire amitié qui se dégage de la population, toujours sourire, toujours serviable malgré la barrière du langage.
Arrivés enfin sur l’île mythique de FAIAL avec sa capitale HORTA où dit-on Christophe Colomb fit escale à son retour des Amériques. HORTA c’est « PETER café sport » le bar où tout le monde se retrouve, confronte ses expériences, raconte ses exploits…en buvant le gin-soda et les pintes de bière. C’est le lien avec la civilisation terrestre et les rencontres qui marquent comme Eric et Carmen qui revenaient de Floride ou Sophie et Alain bourlingueurs des océans qui rentraient de St BART, ou Miguel marin solitaire à l’imagination débordante, qui regagnait l’Espagne après un périple au Venezuela…et les croisiéristes de la route des Hortensias qui venaient comme chaque année se confronter aux dépressions océaniques de Concarneau à Horta… Raconter la mer c’est entrer dans le monde merveilleux des contes et légendes, tous les marins ont vécu ces phénomènes inexplicables qu’ils racontent les yeux et la voix chargés d’émotion qui donnent à leurs récits toute la véracité de l’instant.
« Il était une fois, Miguel, un marin solitaire qui décide de traverser l’atlantique jusqu’au Venezuela sur son petit bateau de 36 pieds « Aniel ».Alors qu’il s’occupait sur le pont à préparer ses lignes pour une pèche alimentaire, en jetant un coup d’œil par-dessus bord il aperçoit un groupe de poissons dorés nageant au rythme de son bateau, intrigué, il accélère la marche, les poissons continuent de suivre à la même allure, il regarde à nouveau ces étranges compagnons de voyage qui le regardent de leurs gros yeux avec sympathie. La discussion s’engage « que me voulez-vous » interroge Miguel, les dorades coryphènes, car il s’agissait de ce poisson dont la chair est réputée pour son excellence, tournent autour du bateau manifestant ainsi leur désir de l’accompagner et de le protéger. Emu, Miguel range son matériel de pèche et ouvre une boite de conserve de lentilles qu’il partage avec ses nouveaux amis. En 38 jours de traversée, le temps peut être long et la météo pas toujours au beau fixe, Miguel recevait assez régulièrement la visite d’un oiseau blanc à la longue queue qui tournait au dessus du mat et s’en allait, phénomène assez courant, sauf que cette fois là l’oiseau eut des attitudes bizarres. Il tournoyait en émettant des cris pour attirer l’attention du marin et semblait vouloir montrer sur l’horizon une zone sombre qui avançait rapidement de l’ouest en direction du bateau. Miguel intrigué demanda « que se passe-t-il ? » l’oiseau lui répondit par des tremblements de son corps indiquant le danger à venir. « Mais que faire ?» reprit Miguel et l’oiseau montrant en étirant son long cou et toujours en voletant autour du bateau la direction Est de la zone. «  C’est bien par là qu’il faudrait que j’aille ?» précisa Miguel et l’oiseau reprenant sa danse effrénée confirma la recommandation. Miguel suivit le conseil échappant ainsi à un très violent orage qui frôla le bateau. »
Ces histoires magiques dévoilent la complicité de la nature quand  l’homme s’ouvre à elle.
Un séjour inoubliable qui nous laisse un goût nostalgique de cette aventure et le désir de prolonger ces moments sur d’autres océans…


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